Dimanche 25 octobre 2009
Z'avez déjà essayé d'enregistrer un album (dont vous avez acheté le cd) sur votre I-Pod (que vous avez acheté) via votre ordinateur (que vous avez aussi acheté bien entendu -air connu...) .... ?? Oui...? Non...? Z'avez déjà essayé sans devenir FOU...??
Hmm...
Moi oui. (Et tel que vous me voyez là, je suis même plus sûr de savoir comment j'm'appelle tiens... -et pis j'ai toujours aucune chanson de répertoriée dans mon I-Pod surtout!)
Alors voilà, le jour où ce genre d'opération deviendra aussi simple qu'un téléchargement illégal via internet, eh ben peut-être serai-je disposé à écouter et -va savoir "valider", les doléances des Hadopistes convaincus...

En atttendant... que dalle.

Voilà, je vous laisse méditer sur ça et je m'en vais faire quelques ablutions -uh uh, dans la Mer Rouge -ce qui n'a strictement aucun rapport de cause à effet avec ce qui précède bien entendu...

Chris "Walk like an Egytian" de Neyr
Par Chris de Neyr
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 20 octobre 2009

Aussi curieux que cela puisse paraître, lorsque Anaïs révéla aux trois garçons que leur petite partouze avait  « porté ses fruits », aucun d’entre eux n’eut l'idée de se lever pour porter un toast.

  L'occasion était belle pourtant.

  Mais non.

  Punaisés par le silence qu’ils étaient restés. Œil torve, menton en galoche et festival de doigts tordus tels des limaces effarouchées surfant sur le bar. Incapables même d'apprécier à sa juste valeur l'art maîtrisé de l'euphémisme dont la jeune femme les gratifiait.

  Mathias observait le « pas encore » gros ventre d'Anaïs. Il imaginait un monstre en gestation à l'intérieur, genre peluche gluante, ersatz d’Alien ou quelque chose, une masse sombre et difforme poussant des cris métalliques et bavant de la morve blanche. Un truc inouï dont Sigourney Weaver elle-même n’aurait pu venir à bout. (Je ne sais pas pourquoi je vois le mal partout, pensa-t-il, j'ai pourtant eu une enfance heureuse.)

  « Quand tu dis « porté ses fruits », on doit bien comprendre ce qu’il y a à comprendre ?  questionna Eddy, les yeux rincés de toute subtilité.

  - Evidemment, répondit Anaïs, de quoi est-ce qu’on parle là ?

  Elle dodelina de la tête en faisant rouler ses yeux et Mathias se demanda un instant, l'observant dodeliner, si elle n’avait pas déjà un peu pris des joues.

  Mais il ne dit rien, déjà au fait de la susceptibilité des femmes dans son état. Il préféra concentrer ce qui lui restait d'énergie non ébranlée pour trouver un truc léger à dire, quelque chose qui n'aurait l'air de rien de prime abord, qui pourrait même paraître un peu hors-sujet mais qui se révèlerait finalement assez profond, une réflexion sucre lent en quelque sorte. Exemple envisageable: « Je savais que les gamètes ne se multipliaient pas tout seul, mais à ce point là… »

    Il rumina un instant, pesa le pour et le contre, puis décida de s'abstenir, comme frappé d'un éclair de lucidité. Anaïs lui avait même avoué un jour que ce genre de fulgurances faisait partie intégrante de son charme (Mais ça c'était avant la partouze !).

  Alors donc, il ne dit rien.

  Le troisième garçon présent s’appelait Pierre et lui non plus n’avait encore rien dit, mais là c'était normal : il était muet.

 

  Le vent du Nord soufflait comme une falaise au dehors. En plein mois de Juillet, c'était plutôt  un bon sujet de conversation. Mais pas là. La radio dans le café passait "Free as a Bird" et on pouvait légitimement se demander si John Lennon était définitivement mort.

  Les quelques clients attablés dans la salle sirotaient leurs thés glacés en discutant sur un ton médium et en écrasant consciencieusement leurs clopes dans les cendriers.  Il était trois heures de l'après-midi et, il faut bien dire ce qui est, l’heure n’était certainement pas à la déconnade.

  Pierre était muet donc, (un accident l’été de ses dix ans), mais pas sourd. A l’acharnement qu'il mettait à pulvériser la fine couche de vernis du bar avec ses clefs de voiture –une Polo vieille de quinze ans qui était un démenti formel au bien-fondé des contrôles techniques, on pouvait parier qu’il éprouvait des difficultés à encaisser le coup.

  « Et Carole ?  gestua-t-il soudainement à Anaïs.

  - Quoi Carole ?

  - Oui. Pour elle, tu as des nouvelles ? Elle est prise elle aussi ?

  - Non, dit Anaïs, elle ne m'en a pas parlé. Excuse-moi, mais... c’est bien « prise » que tu as dit, là ?

  - Et pour toi, elle est au courant ?

  - Non, je voulais que ce soient vous les premiers à l’apprendre. C’est quand même vous les principaux intéressés, non ?

  - Peut-être. Excuse-moi, je n'ai pas beaucoup d'expérience en la matière », dit Pierre en ralentissant ses gestes, ce qui était un signe de second degrés chez lui.

  Et il se tourna vers Eddy et Mathias qui souriaient déjà. Quand  Pierre avait le dernier mot, c’était à chaque fois un pur moment de bonheur ce silence qui ponctuait les débats.

  « Et toi Mathias, tu ne dis rien ? »

  Anaïs avait lancé ça comme on jette une poignée de farine dans la gueule pour que ça n'attache pas.

  Et voilà, c'est encore moi le vieil indien, songea Mathias en se passant la main dans les cheveux. C’est donc à moi que revient le privilège du dernier mot, celui d’avant le calumet. Je me dois d’être le dépositaire de la sagesse, de la sérénité… Bref, de « la phrase qui plombe ».

  Il ne voyait cependant pas quoi ajouter après le bon mot de Pierre.

  Pourquoi Anaïs insistait-elle ? Elle voulait savoir quoi ? S’il s’en foutait royalement ? Ou bien s’il se sentait redevable ?

  Il prit une profonde inspiration à la manière d’un vieux sachem revenu de tout. Il savait à quel point ce genre de détail pouvait avoir son importance.

  Anaïs jouait la désintéressée en feuilletant un de ces nouveaux magazines pour hommes qui faisaient fureur en mélangeant des photos de charme très osées, des reportages de l’extrême et des conseils pratiques pour se sentir mieux dans sa peau. Elle se mouillait le majeur toutes les quatre ou cinq pages (ce n'était pas très régulier comme rythme) et lançait à Mathias des regards par en-dessous.

  Lequel Mathias ne se sentait pas plus grand pour autant.

  « Eh bien, à vrai dire… (« Tu as une bouche à tomber », voilà ce que je pense) je me demandais juste si nous étions censés dire ou faire quelque chose. »

   Bien sûr, il ne s’attendait certes pas à une standing ovation après ça.

   « C’est vrai, renchérit-elle pourtant d’une voix assurée, je vous ai dit ce qu’il en était, on peut peut-être s’arrêter là pour aujourd’hui. Après tout, point trop n’en faut pour la fulgurance de vos esprits.

  -  Ce n'est pas ce que je voulais dire.

  -  Non non, mais tu as raison. »

  Et elle enchaîna en posant ses deux mains sur le magazine: « Eh, matez voir un peu les photos de l'ouragan dans les Caraïbes, c'est complètement dingue! »

 

  Qui est responsable de la maîtrise dont nous faisons preuve parfois ?

  Et d’ailleurs, elle est où la frontière entre la maîtrise et l’inconscience ?

  Est-ce donc cela qui mène le Monde à la fin ?

    « Hmm… n’est-ce pas plutôt le détachement des Princes qui leur permet le plus souvent d’accéder au trône ? » aimait à répéter Elisabeth, l’ex-femme de Mathias –elle était anglaise, ceci expliquant peut-être cela.

  D’accord, pensa Mathias, c'est ainsi. Et c’est pour ça que le vent continue de souffler, que les Beatles chantent encore malgré Mark Chapman, que les gens autour de nous prennent tranquillement leur collation.

  Il décida de se lever, histoire de se dégourdir un peu les jambes. Ramassa trois fléchettes sur le comptoir, se plaça à trois grands pas de la cible et compta jusqu'à trois avant le premier lancer. (Il aimait bien les séries de chiffres.)   Double dix-huit au premier lancer. (Pourquoi je suis si bon lorsque personne ne me regarde ?)

  Pierre et Anaïs continuaient de mater les photos des Caraïbes en hochant la tête. Eddy restait prostré à l’écart, les yeux dans le vague et les bras ballants. Autour de lui chahutaient des ondes négatives et bien malin qui pouvait deviner laquelle serait l’élue et donc invitée à lui bouffer le cerveau.

  Anaïs portait une robe à fleurs en coton léger et des vieilles sandalettes en cuir. Elle revenait sûrement de la plage car des grains de sable chanceux se prélassaient encore sur sa peau de mulâtresse. C’est vrai que la matinée avait été plutôt chaude avant que le vent se mette de la partie. En lançant sa dernière fléchette, Mathias paria en lui-même que le barman lui reluquerait les seins avant trois minutes.

  Plus personne ne parlait. Mathias trouvait qu’ainsi ils ressemblaient tous les quatre à des douaniers endormis. Il dit :

   « ça doit être ça la torpeur », mais personne ne répondit.

  Donc ça devait être ça la torpeur.

 

  « Bon allez, j'ai envie de me faire un film super-gore, lança soudain Anaïs, ça vous branche ? »

  Elle avait dit ça sans penser à mal et c'était bon pour les trois garçons de s'enliser dans la vase généreuse de l'incompréhension.

  A peine sentir une vague de froid leur rouler entre les oreilles.

Par Chris de Neyr
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 16 octobre 2009
En lien avec ça , nous vous informons de la sortie du nouveau single du duo féminin "Les Gang Bangles".

Il s'agit d'une reprise de la célèbre chanson d'Alain La Souche "Voir sous les jupes des filles"


Par Chris de Neyr
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 12 octobre 2009

ô

comme je me souviens

de ce premier match de foot en vrai –au stade

avec mon père

« prends ton K-way, on ne sait jamais » il m’avait dit

 

et voilà

 

j’avais pas fini mon gâteau de riz

du coup

et

je ne pouvais faire que  « oui oui »

de la tête à ma mère qui

m’enfonçait un bonnet (sans grelot)

sur la tête

 

au guichet

mon père avait payé 25 francs pour nous 2

et

il avait

demandé

une ristourne parce qu’après tout

c’était mon premier match

le petit mec dans sa petite cahute derrière son petit grillage

avait dit non en rigolant

- deux vieux en avaient profité pour passer

sans payer (je les ai vus !)

 

piétinant derrière moi, ses deux mains posées sur mes épaules

mon père n’arrêtait pas de faire des signes et de dire bonjour à tout le monde

à ceux qui se trouvaient tout près il faisait mine

d’envoyer

son poing dans leur ventre ou alors il les

prenait par la nuque en parlant fort

en vérité

je ne savais pas qu’il avait autant d’amis

 je découvrais

ça

comme on lit un beau livre

qu’on n’a jamais

pris

la peine

d’ouvrir

 

on était debout dans les gradins

les tribunes en face étaient couvertes

le toit faisait

comme

une biscotte dans le ciel

 

tout de suite j’ai choisi un joueur fétiche

j’ai pris le plus proche géographiquement parlant

le numéro 11

ailier gauche

Ciaravino, il s’appelait

 

Ciaravino avait tout le temps

le nez

dans le gazon

mais

la moitié du public se levait quand

il touchait la balle

 

notre équipe était salement dominée

heureusement

que le gardien s’était fait greffer des palmes à la place des gants

il a tenu bon jusqu’à la

 

mi-temps

 

devant la baraque à frites

mon père

m’a tendu sa canette de bière en disant

« y’a rien à dire, y-z-ont ont une sacrée équipe, les autres »

« ah oui alors… !! » j’ai voulu répondre mais

ce n’est pas à moi qu’il

s’adressait

j’ai pas

essuyé le goulot de la canette alors du coup

j’ai pensé que j’

embrassais

mon père sur la bouche

ça m’a tourné un peu

 

la deuxième mi-

temps

a recommencé –exactement comme la première

alors moi aussi j’ai tapé du pied

pas pour imiter mon père

pas seulement

mais

parce que

je commençais à avoir froid

 

juste avant la fin du match

notre arrière droit a longé la ligne de touche sur

toute la longueur du terrain et puis il a

centré

sans relever la tête

le murmure des gens a fait « oooooh… »

et

une fusée

est soudain sortie du sol

pour envoyer rebondir la balle dans le but

les filets qui faisaient un rectangle derrière les poteaux

se sont arrondis pour suivre la trajectoire du ballon

 

but

tout le monde

-et même les murs

a hurlé

 

bien sûr la fusée n’en était pas vraiment une

où bien alors elle portait une tête d’italien

Ciaravino

-mon  Ciaravino ! lequel disparaissait à présent sous une montagne de joueurs entremêlés

« on va gagner » a dit mon père en serrant son coude

autour de mon cou

il avait une drôle de voix

et il m’a parut plus grand aussi

j’ai voulu dire quelque chose

moi aussi

mais rien n’est venu

pourtant j’étais bien –tellement bien que ça me faisait un peu peur

 

en rentrant à la maison je

me suis précipité dans

les bras de ma mère

en criant

« il a marqué, maman… Ciaravino a marqué ! »

 

mais en fait

ce que je voulais surtout lui dire

c’est que j’avais rencontré mon père

et que

ça

me plaisait plutôt bien

Par Chris de Neyr
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009

-         Peut-on assumer une paternité en restant éternellement un gamin ? Est-ce que « changer » veut dire « mieux » ? La futilité n’est-elle pas un art de vivre ? L’amour est-il source de tous nos ennuis ? L’équipe de France de foot se qualifiera-t-elle pour la Coupe du Monde ? Pourquoi ne peut-on pas « être » et « avoir été » ? Pourquoi les gens m’aiment-ils autant ? Audrey Hepburn a-t-elle vraimentexisté ? Bon alors, je crois en Dieu ou pas ? Quelle était la nature exacte des rapports entre Tom Waits et Rickie Lee Jones ? Peut-on donner à nouveau ce que l’on a déjà donné une fois ? La monogamie est-elle une dictature ? Est-on homo avant de s’en rendre compte ? Elle peint quoi la femme de Philippe Djian ? Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, est-il complètement fou ? Est-ce que manger des poireaux donne mauvaise haleine à tout le monde ? Peut-on faire abstraction de l’argent quand on a déjà fait abstraction du bonheur ? Doit-on se fier à l’horoscope de « La Voix Du Nord » ? Mon cousin se branle-t-il toujours autant ? Pourquoi trouve-t-on les bons mots quand il est trop tard ? Va-t-on légaliser le shit un jour ? Pourquoi tant de personnes ne peuvent pas me saquer ? Ça respire par où une abeille ? Pourquoi quand on aime, on ne compte pas ? De quoi ai-je réellement envie, là maintenant ?... 

-         Bon ça y est… c’est bon ? T’as fini, là ?

-         Quoi ? Oh ça va, hein ! Ça m’a toujours emmerdé de compter les moutons, tu le sais bien…  Est-ce que Roman Polanski est une vraie ordure ? Et pourquoi c’est grossier de tirer la langue ? Se rend-on plus utile en devenant indispensable ? Les biscuits apéritifs « Curly » peuvent-ils être considérés comme une drogue ? Un lacanien baise-t-il moins souvent qu’un freudien ? La voix féminine du GPS est-elle m…

-         Hmm… mon chéri, s’il te plaît. Je voudrais vraiment dormir.

-         Oooohh... et moi je voulais vraiment baiser. C’est con, hein ?

Par Chris de Neyr
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés